3,2 % brut sur un T2 à Montrouge. Tu lis ça, tu refermes l'onglet. Sauf que ce chiffre cache une réalité que les annonces de la grande couronne à 6 % ne te disent pas : ici, ton appartement se reloue en deux semaines, ta vacance annuelle tourne autour de 1 %, et ton capital ne perd pas 8 % la première année comme dans certaines villes nouvelles surcôtées.
Disons-le franchement : investir à Montrouge en 2026, ce n'est pas du cash-flow. Si tu cherches à vivre de tes loyers dès la première opération, passe ton chemin et regarde plutôt vers Melun ou Mantes. Mais si tu veux protéger 400 ou 600 k€, encaisser un revenu régulier, et sortir dans dix ans avec un capital qui aura suivi (au minimum) l'inflation parisienne, alors la commune mérite que tu poses les chiffres sur la table.
Le métro 4 en terminus à Mairie de Montrouge attire des cadres qui bossent à Montparnasse en 12 minutes. Les familles cherchent du T3 calme près de Jean Jaurès. Les jeunes actifs se rabattent sur les studios autour de la Vache Noire. La demande locative ne s'effondre pas, elle se réorganise selon le quartier. On va voir où le rendement est le moins mauvais, quel montage tient la route (nu, LMNP, coloc) et ce que ça donne concrètement sur un T2 à 250 000 €.
La vérité sur le rendement : entre 3,2 et 3,7 % brut
Posons les chiffres. Aujourd'hui, un T2 de 40 m² à Montrouge se négocie autour de 8 500 à 9 200 €/m² selon le quartier et l'état. Le même appartement se loue entre 950 et 1 100 € hors charges. Tu fais le calcul : tu tombes entre 3,2 et 3,7 % brut brut.
Brut brut, ça veut dire avant tout. Avant la taxe foncière (compte 1 200 à 1 600 € pour un T2). Avant les charges de copropriété non récupérables (300 à 500 €/an). Avant la gestion locative si tu en passes par une (7 à 8 % TTC des loyers). Avant la CSG-CRDS et l'impôt sur le revenu pour les bailleurs au réel ou au micro-foncier.
Net net, tu atterris souvent autour de 2,2 à 2,6 %. Sur le papier, c'est faible.
Compare à la grande couronne, où Mantes-la-Jolie, Persan ou Évry affichent des rendements bruts de 5 à 7 %. Mathématiquement, tu gagnes deux à trois points. Sauf que la vacance y dépasse souvent 8 %, les loyers impayés y sont plus fréquents, et la valeur de revente y stagne ou recule depuis trois ans. À Montrouge, ta vacance tient autour de 1 à 2 %, et la liquidité à la revente reste bonne même quand le marché ralentit. Ce n'est pas un détail.
Une demande locative qui ne lâche pas
Le moteur, c'est la position. Montrouge colle à Paris 14e. Le métro 4 et le tram T6 quadrillent la commune. Et surtout, le prix au m² reste 20 à 25 % en dessous du 14e arrondissement pour un produit équivalent. Résultat : tout ce qui ne peut pas se payer Paris intra-muros se rabat ici.
Trois typologies de locataires tournent. Les cadres jeunes (28-38 ans), souvent en couple, qui visent du T2 ou petit T3 et bossent à La Défense ou Montparnasse. Les familles qui cherchent du T3-T4 calme côté Jean Jaurès ou Aristide Briand, attirées par les écoles et la mairie. Les étudiants et jeunes actifs sur les studios et T1, surtout autour de la Vache Noire et Périchaux, plus accessibles.
La vacance reste faible parce que le réservoir parisien est inépuisable. Tu mets une annonce un mardi, tu as 40 dossiers le vendredi. C'est moins vrai sur les biens mal positionnés (rez-de-chaussée sur l'avenue Aristide Briand) mais sur du correct, tu choisis ton locataire.
Le vrai argument de Montrouge, ce n'est pas le rendement. C'est la sécurité du revenu. Tu sais que ton loyer rentre. Tu sais que si ton locataire part, tu reloues en trois semaines. Cette tranquillité, dans un projet patrimonial à 15 ans, vaut très cher.
Valeur refuge ou rendement : il faut choisir un camp
Tous les quartiers de Montrouge ne jouent pas la même partition.
Jean Jaurès, porte d'Orléans, mairie : c'est le cœur de la valeur refuge. Tu paies cher (9 000 à 10 000 €/m² sur du beau), ton rendement brut tombe à 3 % voire un peu en dessous, mais tu achètes du Haussmann ou du bel ancien années 30 qui ne dévissera pas. La revente est assurée. Si ton objectif est de stocker du capital pendant 10-15 ans et transmettre, c'est ici.
Vache Noire, Périchaux, sud de la commune vers Bagneux : tu descends à 7 800-8 400 €/m² sur de l'ancien correct, parfois du récent abordable. Le rendement remonte à 3,5-3,8 % brut. C'est un pari modéré sur la valorisation : ces secteurs profitent de l'arrivée du Grand Paris Express à Bagneux et de la requalification urbaine. Plus de risque, plus de jus.
Entre les deux, tu as Aristide Briand et les abords du tramway, qui mélangent les profils et offrent un compromis. Du rendement décent (3,4 %), une qualité de bien hétérogène (vérifie les copros) et une demande locative très solide grâce au T6.
Le choix dépend de ton horizon. Court terme (5-7 ans) et tu veux maximiser la plus-value relative ? Tu prends le pari sud. Long terme (12-15 ans) et tu veux dormir tranquille ? Tu prends le Haussmann près de la mairie.
Nu, meublé LMNP ou colocation : ce qui marche ici
Les trois montages se discutent. Aucun n'est universellement meilleur.
La location nue reste la plus simple. Bail de 3 ans, locataires stables (souvent des familles ou des couples qui s'installent), gestion légère. Fiscalement, tu es au micro-foncier (abattement 30 %) ou au réel si tes charges dépassent. C'est le montage de l'investisseur qui veut le moins d'emmerdes. Ton rendement net après impôts, si tu es dans une tranche à 30 %, tombe vite à 1,8-2,2 %.
Le LMNP au réel change la donne. Tu meubles, tu loues à des cadres ou jeunes actifs (bail mobilité 1-10 mois, ou meublé classique 1 an), tu amortis le bien et le mobilier. Pendant 8 à 12 ans, tes loyers sortent en grande partie défiscalisés. Sur un T2 à 250 000 €, tu peux remonter ton rendement net effectif à 3 % voire 3,3 %. La contrepartie : turnover plus élevé, comptable obligatoire (500-700 €/an), un peu plus de gestion. À Montrouge, le marché meublé fonctionne bien sur les studios et T2 proches du métro 4 ou du T6. Sur du T3 familial, reste nu.
La colocation, c'est l'option rendement. Un T4 de 80 m² loué en chambres meublées à des étudiants ou jeunes actifs sort 2 200-2 500 € par mois contre 1 700 € en location familiale classique. Tu remontes le rendement brut à 4-4,5 %. Mais tu travailles : turnover élevé, conflits à arbitrer, dégradations plus fréquentes, et tous les biens ne s'y prêtent pas (il te faut des pièces équivalentes et idéalement deux salles d'eau). À Montrouge, ça marche surtout côté Périchaux et Vache Noire, près des grandes écoles parisiennes accessibles en métro.
Mon conseil pratique : si tu vises Jean Jaurès, va en nu, c'est cohérent avec un produit patrimonial. Si tu vises la Vache Noire ou Périchaux, le LMNP meublé optimise vraiment. La coloc, c'est pour ceux qui acceptent la gestion active.
Le calcul réel sur un T2 à 250 000 €
Mettons les chiffres pour de vrai. Tu achètes un T2 de 38 m² à la Vache Noire, ancien rénové, 250 000 € hors frais. Frais de notaire : 19 500 €. Travaux légers (peinture, mise au goût du jour) : 8 000 €. Mobilier (si LMNP) : 5 500 €. Coût total : 283 000 €.
Tu loues 1 020 €/mois hors charges, soit 12 240 €/an.
Rendement brut sur prix d'achat : 4,08 %. Rendement brut sur coût total : 4,32 %... non, calcul : 12 240 / 283 000 = 4,3 %. Attends, on parlait de 3,2-3,7. Pourquoi l'écart ? Parce que sur Jean Jaurès tu achètes à 9 500 €/m² et tu loues à peine plus cher. Sur la Vache Noire, le ratio est meilleur. C'est exactement ce qu'on a dit : le sud rapporte un peu plus.
Maintenant tu déduis. Taxe foncière : 1 350 €. Charges non récupérables : 420 €. Gestion locative (8 % TTC) : 980 €. Assurance PNO et GLI : 480 €. Provision travaux/vacance (5 % des loyers) : 612 €. Charges totales : 3 842 €.
Loyers nets de charges : 8 398 €. Rendement net avant impôt sur coût total : 2,97 %. En LMNP au réel avec amortissement, ton imposition tombe à zéro ou presque pendant 10 ans. Tu conserves donc ces 2,97 %.
Sans le levier du crédit, c'est modeste. Avec un emprunt à 3,5 % sur 20 ans, ton effet de levier joue et ton rendement sur fonds propres remonte. Si tu apportes 60 000 € et empruntes 223 000 €, ton cash-flow mensuel est négatif d'environ 400 €/mois les premières années, mais ton capital se constitue.
C'est ça, Montrouge. Tu construis du patrimoine. Tu ne vis pas des loyers.
Tu veux comparer Montrouge à ses voisines sur le prix m² réel et le trajet ? Le comparateur croise les données DVF sur 176 communes, tu pondères tes critères : ouvrir le comparateur.
Le verdict investisseur
Montrouge a du sens pour trois profils.
L'investisseur patrimonial qui veut sécuriser 300-700 k€ sur 15 ans, encaisser un revenu modeste mais sûr, et savoir que son bien restera liquide à la revente. Idéalement avec apport conséquent pour ne pas trop saigner en cash-flow.
L'investisseur en logique de transmission : achat en démembrement temporaire ou via SCI familiale pour préparer la succession. La valeur sûre d'une commune limitrophe de Paris colle parfaitement à ce schéma.
L'investisseur diversificateur qui a déjà du rendement ailleurs (province à 6-7 %) et qui équilibre son patrimoine avec un actif défensif francilien.
Pour qui Montrouge n'a pas de sens ? L'investisseur qui veut vivre de ses loyers dès la deuxième ou troisième opération. Avec 2,5-3 % net, tu n'y arrives pas. Va chercher du rendement en province ou en grande couronne, garde Montrouge pour plus tard quand ton patrimoine sera constitué.
Si tu hésites sur le quartier et le bon ratio prix/loyer, regarde aussi le guide prix par quartier, il croise les DVF et le ressenti terrain rue par rue.
Questions fréquentes
Quel rendement locatif espérer à Montrouge en 2026 ?
Compte 3,2 à 3,7 % brut selon le quartier et le type de bien. Le sud (Périchaux, Vache Noire) tape plutôt 3,6-3,8 %, le centre Jean Jaurès tombe à 3-3,3 %. Net après charges, taxe foncière et gestion, tu atterris autour de 2,2 à 2,8 %. En LMNP au réel, tu sauves la fiscalité et tu remontes l'effectif net à 2,9-3,2 %.
Est-ce vraiment rentable d'investir à Montrouge ?
Pas au sens cash-flow du terme : tu n'auras pas de revenus mensuels positifs si tu empruntes la totalité. C'est rentable au sens patrimonial : vacance quasi nulle, capital protégé, liquidité à la revente, valorisation alignée sur Paris à long terme. Sur 15 ans, tu sors gagnant si ton objectif est de constituer un actif transmissible, pas de générer du revenu immédiat.
Quel quartier viser pour investir à Montrouge ?
Pour la valeur refuge et la sérénité, vise Jean Jaurès, mairie ou porte d'Orléans : tu paies cher (9 000-10 000 €/m²) mais tu ne perdras pas. Pour un peu plus de rendement et un pari sur la valorisation Grand Paris, regarde Vache Noire, Périchaux ou les abords du tram T6 (7 800-8 500 €/m²). Aristide Briand offre un entre-deux raisonnable.
Vaut-il mieux louer nu ou meublé à Montrouge ?
Sur un produit familial (T3-T4 à Jean Jaurès), reste en nu : locataires stables, gestion simple, cohérent avec le profil patrimonial. Sur un studio ou T2 proche métro 4 ou T6, le LMNP au réel optimise nettement la fiscalité grâce à l'amortissement et te fait gagner 0,5 à 1 point de rendement net pendant 10 ans. La colocation marche au sud sur les T4 mais demande une gestion active.
Tu hésites encore sur la commune ? Lance le quiz Trouve ta ville idéale, on calcule ta surface possible à Montrouge et on te propose 3 communes qui matchent ton budget et ton trajet.
Pour aller plus loin
Liens partenaires sponsorisés, sans surcoût pour vous.
Passe de la lecture à l'action
Compare deux villes côte à côte ou explore-les sur la carte.
À lire aussi
Le Grand Paris Express change-t-il vraiment le marché immobilier ?
Les nouvelles lignes 14, 15, 16, 17, 18 promettent une révolution. La réalité est plus nuancée. Bilan d'étape en 2026.
LireInvestirInvestir avant le Grand Paris Express : les 10 communes encore raisonnables fin 2026
Ligne 15 Sud plus tronçons 16 et 17 ouvrent fin 2026. Reste-t-il des opportunités d'investissement ou tout est-il déjà intégré dans les prix ? On regarde commune par commune.
LireInvestirInvestir près de Paris en 2026 : où et comment, sans se faire avoir
Locatif, LMNP, Pinel, Loc'Avantages, courte durée. On démêle les vraies opportunités d'investissement immobilier en Île-de-France, et les pièges des promoteurs.
Lire